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MERCREDI 22 OCTOBRE 1997
" Freddy Zucchet l'idole du Laos "
Après un sejour de trois semaines à Vientiane,, capitale du Laos, où il a mené de front une mission de formation pédagogique et l'organisation d'un grand spectacle, "1"artiste voironnais est de retour. Avec des souvenirs plein la tête et peut-être un autre regard sur le monde.
Pendant 21 jours, Freddy Zucchet s'est immergé dans la culture et les traditions du Laos, un pays inconnu pour lui, allant de surprises en découvertes, de rencontres en échanges riches et fructueux. Accueilli dès son arrivée à l'aéroport par les membres du Centre culturel qui l'ont pris en charge, il s'est tout de suite mis au travail.
"J'avais une chambre tout équipée (ordinateur, imprimante, etc.) dans un hôtel de luxe, ce qui m'a permis d'être assez autonome dans l'organisation de mes activités. " La mission de Freddy consistant à former les enseignants de la ville à la pratique des arts plastiques et à l'enseignement musical, il s'est tout d'abord trouvé confronté à un problème de communication : "Seuls les anciens Laotiens parlent encore le français, tous les jeunes ne parlent que la langue de leur pays. "
Un dépaysement total ! D'autant qu'il fut extrêmement difficile à notre chanteur de trouver des références communes avec les Laotiens. Ils connaissent bien quelques chansons françaises des années 70 (qu'ils déforment à souhait) mais ensuite, ils ont un "creux culturel" important.
Avé l'accent du Midi
Heureusement, c'est au sein de classes bilingues que Freddy est majoritairement intervenu, ce qui a facilité les rapports et les échanges. Encore que ! "Ils parlent français , avec un accent nasillard et des intonations qui ne sont pas sans rappeler l'accent du Midi, té peuchère!" Au départ, tout a commencé ,dans une certaine confusion car pendant les deux premiers jours, les enseignants étaient en stage, il a fallu intervenir pour que les cours puissent reprendre.
"J'ai observé tout d'abord comment se déroulait un cours", continue Freddy, "puis je suis intervenu progressivement. Ce qui m'a frappé d'entrée, c'est que si les enfants sont capables de parfaitement bien dessiner par exemple, ils ne créent jamais ! Ils se contentent de reproduire les modèles qu'on leur donne.
"Et les faire sortir de ce "moule" ne fut pas chose aisée. Les enfants chantent naturellement mais sans aucune rigueur. Il m'a fallu structurer les bases, la rythmique et surtout les faire monter dans les tons aigus, chose qu'ils ne font jamais non plus!" Voilà pour l'aspect art plastique et chant. Mais Freddy eut d'autres surprises ! "Ils sourient tout le temps, ce qui est plutôt sympa pour se produire sur scène, mais lorsque j'ai commencé à leur montrer quelques chorégraphies, j'ai constaté qu'ils ne bougent pas leur corps et, surtout, qu'ils n'ont aucun contact physique entre fille et garçon ! Ils ne se touchent jamais ! Et moi qui voulais les faire s'embrasser (juste un bisou) pour les besoins du spectacle, j'ai dû changer mon scénario!"
Pour monter son spectacle, Freddy a essayé de tirer parti des ressources locales, de mettre les enfants en valeur en intégrant les danseuses déjà existantes et leurs propres capacités. Deux cents enfants ont participé au spectacle. Les répétitions qui se déroulaient en parallèle à sa mission de formation ont duré cinq jours. "Je me souviens, nous répétions dans la cour de l'école, il faisait très chaud (351 à l'ombre). Je transpirais à grosses gouttes et eux pas du tout!"
Le show eut lieu le 26 septembre dans les jardins du centre culturel devant 1 000 personnes. Une heure trente avant le début, des pluies torrentielles (c'étàit encore l'époque de la mousson) se sont abattues sur les lieux, obligeant à reconstruire une partie du décor à quelques minutes du début ! Heureusement, tout est rentré dans l'ordre et le spectacle s'est déroulé dans de bonnes conditions, malgré plusieurs incidents techniques. Ce fut un succès royal, filmé par la télévision nationale et couvert par la radio et la presse.
Freddy Zucchet consacré grande vedette internationale à Ventiane !
" J'ai appris à relativiser "
Depuis Freddy est revenu sur terre", à Voiron, où il a été frappé par "l'agressivité" de gens comparée au calme, à la quiétude du Laos où les gens sont d'une gentillesse rare. "Ce fut un séjour enrichissant, j'ai vécu là-bas de très grands moments, comme par exemple lorsque je suis allé chanter dans un hôpital pour enfants. C'était la première fois que cela se faisait au Laos! L'accueil fut extraordinaire. Aujourd'hui j'ai appris à relativiser certaines choses. " conquis par notre artiste formateur, les Laotiens lui ont demandé de revenir pour un mois. Freddy réserve sa réponse : "Ce que j'espère c'est de leur avoir inculqué un peu de démarche personnelle de créativité "
Philippe BOURREAU